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CIMA+ dans les médias

Une porte d'entrée sur mesure pour la route 175

10 juin 2012

 

Le pont d'étagement en arc du boulevard Talbot a une durée de vie estimée
à 75 ans.

Le Soleil, Patrice Laroche

 

 

Annie Morin, Le Soleil

 

(Québec) Il est ouvert à la circulation depuis un an, mais c'est à partir de cet été que le pont en arc du boulevard Talbot, à Stoneham, attirera tous les regards. Retour sur la construction d'une structure unique en son genre qui accumule les récompenses.

 

Ce pont est en fait un saut-de-mouton, terme qui peine à remplacer le mot viaduc, mal utilisé dans le langage courant. Il permet de traverser la 175, qui relie Québec et le Saguenay-Lac-Saint-Jean, et de poursuivre sur le boulevard Talbot, appelé à devenir «la vieille route du parc».

 

Dans les prochaines semaines, la nouvelle route à quatre voies de la Réserve faunique des Laurentides, qui passe en dessous, sera ouverte à la circulation et offrira un point de vue imprenable sur l'ouvrage, élégamment disposé avec un biais de 45 degrés.

 

Long de 107 mètres (67 pour le tablier) et large de 15 mètres, le P-11 668, de son petit nom d'inventaire, est un pont d'étagement suspendu sous deux arcs en béton armé, éléments porteurs de la structure.

 

Du fait de sa hauteur et de son esthétique, il tranche avec la solution traditionnelle «dalle sur poutres», surutilisée sur les autoroutes du Québec parce qu'efficace et peu coûteuse. Le seul autre viaduc du genre au Québec se trouve à Sainte-Adèle, dans les Laurentides. Il a été construit en 1963 au-dessus de l'autoroute 15.

 

 

Choix sécuritaire

 

S'ils sont bien fiers que leur petit dernier ait de la gueule, ce sont des considérations techniques qui ont incité les ingénieurs du ministère des Transports du Québec (MTQ) et de CIMA+, sous-traitant affecté au dossier, à opter pour cette conception.

 

Le pont en arc permet en effet d'éliminer la pile dans le terre-plein central qui sépare les voies nord et sud de la route 175 en contrebas. Comme il y a une courbe à cet endroit, gracieuseté de la rivière Noire qui coule tout près, la visibilité est améliorée et les risques de s'encastrer dans la pile advenant une perte de contrôle sont annulés.

 

Il a également été jugé plus facile d'aller chercher le dégagement minimal pour les camions, établi à cinq mètres par le MTQ, en creusant la montagne de roc à côté plutôt qu'en construisant en hauteur. Cette présence de roc près de la surface est d'ailleurs une condition pour bien ancrer un pont en arc, explique François Paradis, ingénieur responsable du projet pour CIMA+.

 

Pour le reste, «il n'y a rien de standard là-dedans», dit-il en pointant la structure lors d'une visite sur les lieux. «C'est un défi technique de A à Z», ajoute Francis Gauvin, gestionnaire du chantier de la route 175 pour la direction régionale de la Capitale-Nationale.

 

 

Technique

 

La forme et la force des arches ont été savamment calculées pour soutenir un maximum de poids et demeurer «élastiques» en cas de tremblement de terre. Les détails de l'ancrage ont été conçus pour résister à l'usure du temps, des conditions météo, du sel et du sable. Les ingénieurs ont aussi profité de la géographie pour bâtir les arches. Ils se sont appuyés sur des monticules de terre pour monter l'armature et coffrer le béton. L'espace a ensuite été dégagé pour aménager la nouvelle route et construire le tablier.

 

En cours de projet, un architecte a adapté les formes généreuses de l'ouvrage pour le rendre plus harmonieux. Ainsi a-t-il suggéré une légère inclinaison dans la forme des arches et l'ajout d'une bande métallique orange pour cacher les poutres du tablier. Après tout, ce pont est à la fois la porte d'entrée de la capitale nationale et de la réserve faunique.

 

Ces travaux se sont faits dans le respect du budget prévu. Au final, le pont d'étagement du boulevard Talbot a coûté 4,4 millions$. C'est plus cher que la version traditionnelle. Toutefois, cette conception hors normes a permis de minimiser les interventions aux alentours et d'éviter des expropriations, entraînant des économies pour le MTQ.

 

Ce pont ne sera pas dupliqué pour autant, dit Francis Gauvin. C'est un ouvrage unique planté dans un lieu particulier. «Il s'adapte bien au contexte d'ici.»

 

 

Reconnaissance

 

Cette solution sur mesure a été reconnue par l'industrie. Le saut-de-mouton du boulevard Talbot a raflé un des Grands Prix décernés par l'Association des ingénieurs-conseils du Québec dans la catégorie Infrastructures de transport. Il a aussi remporté récemment un prix Armatura, remis par l'Institut d'acier d'armature du Québec, un regroupement industriel.

 

De quoi valoriser la profession d'ingénieur et prouver qu'il y a encore moyen de faire des projets hors de l'ordinaire au Québec, font valoir en choeur MM. Gauvin et Paradis.

 

 

QUELQUES CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES

  • 67 mètres de longueur
  • 15 mètres de hauteur
  • 34 suspentes (deux arches de 17 câbles)
  • 250 tonnes d'acier d'armature
  • 4800 boulons
  • 2230 mètres cubes de béton

Article original (PDF)

Article Le Soleil

 


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