L’internet des objets : Quel rôle pour l’industrie du génie-conseil ?

L’Internet des objets (IDO) est partout et sur toutes les lèvres. Certains prédisent que d’ici 2025, le marché mondial de l’IDO pourrait atteindre près de 1 000 milliards $ alors qu’il ne représentait que 100 milliards $ en 2006 : une multiplication par 10 en 20 ans, soit une croissance annualisée de 12 % !

Mais comment l’industrie du génie-conseil peut-elle se positionner pour aider ses clients actuels et futurs à profiter de cette technologie ? Voici une question qu’étudie le Réseau de veille en innovation de CIMA+ depuis longtemps. En utilisant une stratégie basée sur la sélection et le développement de quelques idées d’utilisation de cette technologie, les travaux de l’équipe d’innovation de CIMA+ culmineront en octobre 2020 alors qu’un séminaire sera organisé pour discuter des résultats obtenus, des besoins du marché et des façons de répondre à ceux-ci.

Dans cette publication, nous tentons une mise en contexte et une vulgarisation d’une information technique qui peut paraître aride au premier abord. Nous sollicitons d’ailleurs votre implication.

Vous vous souvenez de la CAO-DAO du début des années 1980 ?

Les employés de la première heure se rappelleront l’engouement autour de la CAO-DAO (conception et dessin assisté par ordinateur) du début des années 1980. La disponibilité toujours plus grande d’ordinateurs personnels et la naissance d’interfaces graphiques permettaient de remplacer la table à dessin. Près de 40 ans plus tard, alors que la CAO-DAO se décline en plusieurs formats, incluant ce qu’on appelle le BIM, nous constatons les importantes répercussions de cette technologie sur notre capacité de conception et de livraison de projets à nos clients.

L’IDO est dans le même esprit : de multiples applications, un mode de travail repensé pour plusieurs professionnels et techniciens, de nouvelles collaborations potentielles, des économies, etc. Les promesses font rêver.

Mais comment décrire une technologie qui possède autant de ramifications et un tel potentiel de rupture (disruptive technology) ? Par la présentation d’exemples concrets d’utilisation, des ingrédients essentiels à l’implantation d’une application IOD, des principaux fournisseurs de plateformes logicielles et des perspectives d’avenir pour cette technologie.

Exemple 1 : L’IDO sur les chantiers
Le magazine « Les cahiers techniques du bâtiment » publiait en janvier 2020 un article illustrant un bel exemple d’utilisation de l’IDO pour améliorer la sécurité sur les chantiers. On y expliquait que, grâce à l’utilisation de senseurs de géolocalisation en temps réel, les travailleurs d’un chantier pouvaient recevoir sur leur montre intelligente un avertissement lorsqu’une grue s’apprêtait à déplacer un objet lourd ou volumineux près de l’endroit où se trouvaient ces travailleurs.

Exemple 2 : La maquette numérique vivante
Avec l’IDO, la maquette numérique BIM devient un outil de gestion de l’actif — l’équivalent physique de la maquette, son jumeau numérique — et de prévision des opérations de maintenance. Dans le cas d’un bâtiment, on peut par exemple utiliser l’IDO pour recevoir des lectures de vibrations et de température des différents équipements mécaniques qui assurent le chauffage, la climatisation, la distribution de l’eau, etc. Nous pouvons ainsi superviser les changements dans les mesures recueillies, analyser ceux-ci et intervenir afin de prévenir un bris éventuel.

Nous pouvons également mesurer la charge imposée à un équipement pour décider de retarder la maintenance prévue par le manufacturier, une maintenance basée sur une utilisation typique de l’équipement qui ne correspond peut-être pas à l’utilisation réelle qui en est faite. Avec l’IDO, il faut envisager un manuel d’utilisation par unité plutôt qu’un manuel d’utilisation par modèle. Quelles perspectives d’optimisation en vue !

Exemple 3 : Les véhicules autonomes
L’IDO peut aussi être utilisée pour repérer et surveiller des flottes de camions et ainsi permettre une économie d’énergie, optimiser l’entretien des véhicules, mesurer les habitudes de conduite des chauffeurs et éventuellement augmenter la sécurité.

Ingrédients de base

Mettre en œuvre une solution IDO exige quelques ingrédients de base. :

  1. Des senseurs à basse puissance afin de mesurer la quantité qui nous intéresse : température, niveaux de vibration, humidité, nombre de personnes dans une salle, etc. Ces senseurs doivent être à basse puissance puisqu’ils se trouvent souvent dans des endroits difficiles d’accès et où ils sont fort probablement alimentés par batterie. Dans ce cas, remplacer celle-ci est une opération coûteuse, d’où la nécessité d’espacer cette opération le plus possible.
  2.  Un réseau pour transmettre la mesure du senseur vers un serveur central. La question du bon réseau à utiliser est vaste et importante. Selon les applications, on utilise différents types de réseau. Par exemple, on peut imaginer que les senseurs seraient placés sur les lampadaires d’une rue pour repérer la présence de véhicules. Il est possible que chaque senseur ne parle qu’à ses voisins, ce qui permet de transmettre l’information sur de très courtes distances et de minimiser la puissance requise ainsi que la consommation d’énergie.
  3. Des serveurs informatiques munis d’importantes capacités de stockage, souvent hébergés dans l’infonuagique (cloud), car généralement, l’IDO mène à la génération de mégadonnées (big data).
  4. Une plateforme logicielle qui permet d’organiser les données recueillies et de les présenter sous une forme qui favorise la prise de décision. Plusieurs plateformes sont disponibles, certaines ouvertes et d’autres vendues par de grandes maisons de logiciels d’ingénierie. Le défi ici vient en partie du fait que tous les senseurs ne parlent pas la même langue ! La plateforme gère aussi le décodage requis pour passer de données des formats différents à une présentation cohérente propice à la prise de décision.

Dans un rapport publié en juin 2019, Gartner mentionne que PTC et Software AG sont présentement les deux leaders en matière d’IDO dans un contexte industrie… les autres joueurs d’importance étant GE Digital, Oracle et IBM. Ces entreprises évoluent dans le secteur industriel, ce qui explique leur présence prépondérante dans l’Internet des objets industriels, mais Il est possible que de plus petits joueurs évoluent dans des niches plus spécialisées et soient mieux adaptés aux besoins spécififiquees de ces niches.

Comme mentionné plus haut, l’IDO conduit au stockage d’une grande quantité d’informations qui doivent être interprétées afin de pouvoir prendre des décisions. L’intelligence artificielle devient ici importante et plusieurs projets sont en cour de conception afin d’utiliser les données recueillies dans un but pédagogique (tous les niveaux) et de prises de décisions automatiques : des senseurs indiquent la présence d’un grand nombre de voitures sur une rue particulière ? Les feux de circulation sont automatiquement ajustés afin de permettre une circulation plus fluide de ces véhicules tout en minimisant les impacts pour la circulation sur les autres artères.

Conclusion

Après ce tour d’horizon des principales composantes et des aboutissants de l’IDO, la question qui se pose est le rôle que peut (ou devrait) jouer l’industrie du génie-conseil, incluant CIMA+, dans l’accompagnement des clients, actuels et futurs, qui souhaiteront prendre ce virage. Comment le génie-conseil devrait-il se positionner pour contribuer à l’essor de cette nouvelle technologie de rupture et en faire bénéficier les communautés où des projets sont développés ?

Vous voulez participer à cette réflexion et à cette discussion ? Insérez vos idées dans la boîte de commentaires qui se trouve au bas de cette page. Ces idées seront recueillies et analysées par le réseau de veille en innovation de CIMA+ afin d’être présentées au séminaire qui se déroulera en octobre 2020.

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