Les gens derrière CIMA+ en consultation et conseils stratégiques : Christophe Jenkins

Christophe Jenkins, M.Sc., PA LEED C+CB

Face à l’urgence climatique, les organisations doivent non seulement réduire leurs émissions, mais aussi s’adapter aux impacts des changements climatiques.

C’est dans ce contexte exigeant que Christophe Jenkins, expert en Atténuation du changement climatique et adaptation aux changements climatiques, joue un rôle clé au sein de CIMA+. Fort d’une expertise stratégique, il accompagne ses clients dans la compréhension de leurs risques climatiques, la structuration de leurs démarches de décarbonation et l’élaboration de plans d’adaptation sur mesure. Son expérience diversifiée lui permet de conseiller les clients au travers de l’incertitude et de l’évolution rapide des exigences de développement durable.

Grâce à des approches rigoureuses et alignées sur les objectifs d’affaires, Christophe contribue à transformer les enjeux environnementaux en leviers d’action concrets pour une transition durable et résiliente.

Quelle valeur vous guide le plus dans votre vie professionnelle, et comment cela se manifeste dans votre quotidien ?

Ce qui me tient particulièrement à cœur dans mon parcours professionnel, c’est de savoir que mon travail peut contribuer à améliorer les choses, et ainsi avoir un réel impact positif sur la société. Quand je parle de société, j’inclus les communautés, mais aussi les entreprises, que je considère comme des citoyens corporatifs responsables, ainsi que mes collègues chez CIMA+ et nos partenaires d’affaires. Pour moi, avoir un impact, c’est apporter ma contribution dans des projets porteurs de sens, qui créent de la valeur environnementale, sociale et humaine.

Dans mon quotidien, cette valeur se traduit par plusieurs choses. D’abord, je m’efforce toujours de bien comprendre les besoins des clients et les contextes dans lesquels ils évoluent, pour proposer des solutions qui font une vraie différence, pas seulement sur papier. Je porte aussi une grande attention à la qualité des communications : je veux que nos messages soient clairs, mobilisateurs, et qu’ils permettent aux équipes et aux décideurs d’agir. Enfin, je crois beaucoup à la collaboration interdisciplinaire. Avoir un impact, ça ne se fait pas seul. J’aime créer des ponts entre les expertises, entre les secteurs, et même entre les façons de penser, notamment en intégrant les savoirs autochtones ou les réalités du terrain aux approches techniques ou stratégiques. C’est d’autant plus essentiel que les grands défis liés aux changements climatiques et, plus largement, au développement durable, ne peuvent être relevés sans une approche multidisciplinaire et collective. Ce sont des enjeux complexes, qui exigent de croiser les perspectives pour concevoir des solutions réellement efficaces et durables.

Comment votre parcours professionnel vous a-t-il amené à vous spécialiser en Atténuation du changement climatique et adaptation aux changements climatiques, et comment cette expertise se traduit-elle dans votre rôle chez CIMA+?

Tout a commencé lors de mon stage de fin de baccalauréat en biologie, où j’ai conçu et mené de A à Z un projet de recherche à l’Université de Québec à Montréal (UQAM) visant à développer un facteur d’émissions de gaz à effet de serre (GES) propre (au contexte canadien pour la décomposition de tourbe hors site. Afin de créer la méthodologie, j’ai lu une grande partie du Guide pour les inventaires nationaux du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) de 2006. J’ai ensuite assisté à plusieurs conférences sur le rôle des tourbières dans le captage et le stockage du carbone.

Cela a éveillé mon intérêt pour les enjeux climatiques, tant en matière de quantification des émissions que des projections climatiques, en raison de la grande complexité de ces domaines et de leur immense potentiel à générer un impact positif.

Mes expériences d’emploi subséquentes ont toujours tourné autour de la réduction de l’impact environnemental autant au fédéral qu’à Hydro-Québec, jusqu’au moment où j’ai cofondé Essor Environnement. Un des premiers mandats de la firme a été de réaliser le plan d’adaptation de la ville de Beaconsfield en sous-traitance d’Accélérateur de solutions climatiques (CCG). En fait, je n’ai tout simplement jamais arrêté de travailler sur des projets liés aux enjeux climatiques depuis ce temps !

Quels sont les principaux défis que vous rencontrez lors de l'élaboration de stratégies de décarbonation pour les clients, et comment CIMA+ aide-t-elle à les surmonter?

Ce sont des projets de conseil extrêmement complexes si l’on vise à élaborer un plan concret et de qualité. Il faut réussir à obtenir un équilibre entre nos valeurs pour une économie net zéro (à zéro émission de gaz à effet de serre), les ambitions des clients, les limites des systèmes interconnecté, les limites financières du client et le budget du mandat. En premier lieu, il faut bien comprendre le fonctionnement du procédé, du bâtiment et des opérations du client, et je suis bien heureux de pouvoir compter sur l’expertise de nos divers départements d’ingénierie à CIMA+ pour y arriver! Mes collègues sont toujours enthousiastes à l’idée de travailler sur de tels projets et c’est une priorité pour moi d’inclure l’expertise des secteurs dans chacun de nos projets afin d’avoir cette valeur ajoutée qui vient rendre le plan de décarbonation pragmatique. Il ne faut pas se le cacher : la décarbonation s’accompagne généralement d’un certain premium vert (green premium), c’est-à-dire un surcoût lié aux solutions plus durables. Le meilleur moment pour penser à développer un projet net zéro est au tout début de la conception. Une fois l’infrastructure, le bâtiment ou le procédé en fonction, le modifier afin de le rendre carboneutre représente des investissements majeurs en capital (CAPEX) et cela vient même souvent avec une augmentation des coûts d’opération (OPEX). De plus, avec les années, un enjeu de taille rencontré est la disponibilité limitée d’électricité. Il n’est pas possible de complètement électrifier les projets des clients sans risquer de perdre des subventions ou simplement de se voir refuser la demande. Actuellement, les alternatives à l’accès à l’électricité verte du Québec ont malheureusement un coût très élevé sans retour sur investissement, ce qui rend difficile leur implantation à moins que ce soit mené par la ferme conviction du client envers le développement durable. Cela peut créer une profonde frustration lorsqu’on constate qu’un désir sincère de contribuer à la lutte contre les changements climatiques est écarté en raison d’un choix collectif ou de priorités sociétales.

Pouvez-vous nous donner un exemple concret d'un projet où vous avez intégré des mesures d'atténuation et d'adaptation aux changements climatiques, et quels ont été les résultats obtenus?

Mes premiers projets à CIMA+ étaient concentrés sur les analyses de cycle de vie des bâtiments, afin de quantifier les émissions de GES liées aux matériaux, ce qu’on appelle communément le carbone intrinsèque. Ce sont de beaux projets où, par exemple dans le cas de l’école Charlesbourg à Québec nous avons réussi à obtenir une réduction de 13,3% du carbone intrinsèque en collaborant avec l’équipe de conception pour optimiser les mélanges de béton et intégrer du bois dans la structure. On parle quand même d’une réduction de plus de 600 tonnes de CO2e soit l’équivalent de rouler 2 528 644 km en voiture selon le United States Environmental Protection Agency (EPA) !

Dernièrement, j’ai un faible pour les projets que nous réalisons dans le secteur minier et industriel. Nous accompagnons une compagnie minière dans la réduction de leurs émissions de GES. Ce sont des projets complexes avec de grands défis d’allocation du capital, avec des montants significatifs, mais les réductions potentielles sont également majeures. De petits projets d’efficacité énergétique pour ces grands émetteurs représentent de grandes réductions en tonnes de CO2e.

Nous avons également réalisé un plan d’adaptation aux changements climatiques pour une entreprise minière dans le Nord du Québec et nous avons pu transformer les normes de construction en milieu avec du pergélisol de CSA en actions concrètes que l’entreprise pouvait déployer afin de réduire le risque d’accélération de la fonte du pergélisol autour de leurs actifs, comme les bâtiments et routes.

Comment CIMA+ se distingue-t-elle dans le domaine de la consultation, et quel rôle jouez-vous dans cette approche?

Avec les années, je me rends compte qu’on se distingue de deux manières. Lorsque l’on compare nos capacités à celles des grandes firmes de consultation, on comprend que c’est la présence de l’expertise d’ingénierie de chaque secteurqui vient faire la différence dans le niveau de détail, de profondeur et de crédibilité des actions qui sont proposées. D’un autre côté, le portrait est un peu différent lorsque l’on regarde avec les autres firmes de génie puisque dans ce cas-ci je dirais que c’est la grande collaboration entre les équipes qui fait notre force. Peu importe où se trouve une personne, que ce soit géographiquement ou dans différents secteurs, les gens sont toujours enthousiastes à l’idée de s’impliquer dans des projets innovants. Et ce, même s’ils sont très occupés ou que ces projets les poussent hors de leur zone de confort, notamment parce qu’ils ont une portée parfois moins bien définie que les projets d’ingénierie traditionnels. Les équipes ont de l’ambition et sont donc prêtes à prendre un peu plus de risques calculés ensemble. Peu importe dans quelle province les gens travaillent, nous avons tous l’impression d’être dans la même équipe. Je suis très reconnaissant de toute cette collaboration.

Quelles tendances ou évolutions anticipez-vous dans le domaine de la durabilité et de la décarbonation, et comment CIMA+ se prépare-t-elle à y répondre?

Plusieurs tendances de fond se dessinent selon différents horizons. À plus long terme, la biodiversité prendra une place de plus en plus importante dans la réalisation des projets, comme l’ont fait les changements climatiques dans les dernières années. Le lien entre les changements climatiques et la biodiversité est établi depuis de nombreuses années, mais les clients vont faire face à une pression accrue dans les prochaines années pour démontrer quel est leur impact et ce qu’ils font pour le réduire.

Dans une échelle de temps plus rapprochée, on peut s’attendre à des pressions réglementaires ou contractuelles forçant les clients à améliorer leur efficacité énergétique. On peut penser à Hydro-Québec qui incite ses clients à mettre en place des systèmes de gestion de l’énergie. Le secteur bancaire et les assureurs vont continuer à modifier leurs programmes pour offrir des réductions de taux d’emprunt lorsque des entreprises ont un impact moindre, exiger de connaître les risques climatiques avant d’investir, de prêter ou d’assurer.

De nouveaux programmes de subvention vont également voir le jour pour accélérer la décarbonation et l’adaptation des organisations.

En dehors du travail, qu'est-ce qui vous anime au quotidien?

Je fais du vélo pour me tenir en forme et pour le plaisir de visiter de beaux endroits à proximité de Montréal. Je suis également impliqué bénévolement dans différentes initiatives, comme le conseil d’administration de VertCité. L’entreprenariat fait partie des valeurs de CIMA+ et nous sommes tous des gens très passionnés et investis dans notre travail, donc lorsque je ne travaille pas j’en profite également pour passer du temps de qualité avec ma femme et mon fils de 4 ans. À temps perdu j’aime beaucoup de renseigner sur les finances personnelles et faire de la photographie.

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