Aujourd’hui, nous rencontrons Jean Paquin, consultant principal en Transition énergétique au sein des Services de consultation et conseils stratégiques – Durabilité et décarbonation chez CIMA+.
Grâce à un parcours qui allie expertise en ingénierie, sens des affaires et compréhension approfondie de la transformation organisationnelle, Jean accompagne les clients et les guide à travers la complexité de la transition énergétique avec clarté et confiance.
Intervenant auprès d’organisations de divers secteurs, il les aide à transformer leurs ambitions en matière de développement durable en plans d’action concrets et mesurables. Il contribue à repérer les occasions de réduire les émissions de gaz à effet de serre, d’améliorer la performance énergétique, de renforcer la résilience des infrastructures et d’aligner les investissements sur les priorités opérationnelles et financières.
Qu’il s’agisse d’efficacité énergétique, d’électrification, d’intégration des énergies renouvelables ou de stratégies de décarbonation à long terme, Jean propose des solutions à la fois techniquement rigoureuses et économiquement viables, afin de bâtir un avenir plus durable.

Pourquoi avez-vous choisi le génie-conseil ?
J’ai choisi le génie-conseil parce qu’il se situe exactement à la jonction entre l’analyse, l’action et l’impact concret. Ce qui me motive, c’est la possibilité de travailler sur des enjeux complexes, avec des clients et des équipes multidisciplinaires, puis de transformer une intention stratégique en solution réalisable. Chaque projet a son contexte, ses contraintes et son potentiel de valeur. Il faut écouter, comprendre, prioriser et livrer. C’est un environnement exigeant, mais très stimulant, parce qu’on voit rapidement comment notre expertise peut améliorer la performance d’une organisation et contribuer à des infrastructures plus durables.
Qu’est-ce qui vous a amené à vous spécialiser en transition énergétique, et qu’est-ce qui continue de vous passionner dans ce domaine aujourd’hui?
La transition énergétique s’est imposée naturellement, parce qu’elle regroupe - la performance des organisations, la résilience des infrastructures et la responsabilité climatique. J’ai toujours été attiré par les projets où la technique doit servir une vision d’affaires claire, et où les décisions doivent tenir compte des coûts, des opérations, des risques et des bénéfices à long terme. Ce qui me passionne encore aujourd’hui, c’est le passage de l’ambition à l’exécution : aider les clients à déterminer par où commencer, quelles mesures prioriser, comment financer les initiatives et comment mesurer les résultats. La transition vers des solutions énergétiques plus propres ne constitue pas seulement un défi technologique; elle nécessite aussi une véritable transformation organisationnelle. C’est ce qui la rend aussi exigeante, et aussi intéressante.
Quelle valeur vous guide le plus dans votre vie professionnelle, et comment se reflète-t-elle dans votre travail au quotidien?
La valeur qui me guide le plus est la simplicité. Dans un monde de plus en plus complexe, je crois qu’il faut savoir garder les choses simples pour faire émerger les bonnes solutions. Cela demande de prendre du recul, de regarder la situation dans son ensemble et de bien comprendre toute la portée d’un enjeu avant de chercher à agir.
Au quotidien, j’essaie d’appliquer ce principe en revenant à l’essentiel : clarifier les objectifs, distinguer les vrais enjeux du bruit ambiant et proposer des approches concrètes, compréhensibles et applicables. En transition énergétique, les défis peuvent rapidement devenir techniques, financiers ou organisationnels. Mais lorsqu’on commence simplement, avec une vision claire et des premières actions bien ciblées, on suscite de l’adhésion. Ensuite, les éléments se mettent naturellement en place.
Avec l’expérience, on apprend à reconnaître ce qui compte vraiment, à simplifier sans banaliser et à bâtir des solutions solides qui restent alignées sur la réalité du client.
La transition énergétique touche aujourd’hui pratiquement tous les secteurs d’activité. Quels sont les enjeux que vos clients cherchent le plus souvent à résoudre?
Les clients cherchent d’abord à réduire leur consommation d’énergie, leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) et leur exposition aux coûts énergétiques, tout en maintenant la fiabilité de leurs opérations et les objectifs de production. Plusieurs doivent aussi composer avec des infrastructures vieillissantes, des limites de capacité électrique, des objectifs ESG plus ambitieux ou des exigences réglementaires en évolution.
Les enjeux reviennent souvent à une même question : comment investir au bon endroit, au bon moment, avec un niveau de risque acceptable?
Nous les aidons à clarifier leurs priorités, à comparer les options, par exemple l’efficacité énergétique, électrification, énergies renouvelables, stockage, récupération de chaleur ou gestion de la demande, et ensuite bâtir des feuilles de route qui relient la performance environnementale à la performance financière.
Selon vous, quels sont les principaux obstacles auxquels les organisations font face lorsqu’elles entreprennent une démarche de transition énergétique?
Le premier obstacle est souvent l’absence d’une vision intégrée. Les organisations disposent parfois de données partielles, de projets isolés ou d’objectifs ambitieux, mais pas toujours d’une feuille de route qui permet de passer à l’action de façon structurée.
Le deuxième défi est financier : il faut démontrer la valeur des investissements, prioriser les mesures et intégrer les impacts sur les budgets d’exploitation et d’immobilisations.
Il y a aussi les enjeux de capacité, qu’il s’agisse du réseau électrique, des ressources internes ou de la maturité des technologies.
Enfin, la gestion du changement est déterminante. Une transition réussie exige l’adhésion des équipes, une gouvernance claire et des indicateurs de performance qui permettent de suivre les progrès.
Lorsque vous regardez l’avenir de la transition énergétique au Canada, quelles tendances ou innovations vous semblent les plus prometteuses?
Je crois que les approches les plus prometteuses seront celles qui combinent plusieurs leviers plutôt que de chercher une solution unique. L’efficacité énergétique demeure la première source de valeur, parce qu’elle réduit la pression sur les infrastructures et améliore rapidement la performance. L’électrification, les énergies renouvelables, le stockage, les réseaux intelligents et les systèmes de gestion énergétique ouvriront aussi de nouvelles possibilités, surtout lorsqu’ils seront intégrés dès la phase de planification. Je vois également beaucoup de potentiel dans les projets pilotes qui permettent de tester, mesurer et ajuster avant de passer à l’échelle.
Au Canada, la transition énergétique devra être pragmatique, adaptée aux réalités régionales et soutenue par une collaboration étroite entre les clients, les services publics, les gouvernements et les partenaires techniques.