Raccordement au réseau électrique de Kitcisakik, dernière communauté hors réseau au Québec

Le projet de raccordement du village de Kitcisakik a porté sur la construction d’une nouvelle ligne de distribution aérienne de 25 kV (LUV-233), alimentée à partir du poste Louvicourt. D’une longueur d’environ 66 km, l’infrastructure assure désormais une alimentation électrique fiable à la communauté, tout en tenant compte des besoins de croissance futurs. Dimensionnée dès la conception pour une exploitation éventuelle à 34,5 kV, la ligne a mis fin à la dépendance aux génératrices au diesel et a permis d’alimenter l’ensemble des résidences du village. Achevé en 2025, le raccordement a marqué une étape importante, car avant ce projet, Kitcisakik était la dernière communauté au Québec à ne pas être reliée au réseau d’Hydro-Québec.

Située à quelque 90 km au sud-est de Val-d’Or, la communauté anichinabée de Kitcisakik comptait parmi les dernières au Québec à ne pas être alimentée par un réseau public. Le projet Animiki Ickote (« électricité » en anichinabé) a été déployé pour mettre fin à la dépendance aux génératrices au diesel et offrir une alimentation stable. Au terme des travaux, plus de 400 personnes et environ 150 habitations et bâtiments communautaires ont été raccordés.

Alimenter le nord grâce à une ingénierie et une conception de pointe

CIMA+ a réalisé l’avant-projet ainsi que l’ingénierie détaillée (40 %, 80 % et 100 %) de la nouvelle ligne de distribution aérienne de 25 kV LUV-233, alimentée à partir du poste de Louvicourt. D’une longueur d’environ 70 km, le tracé longeait la route 117 avant de bifurquer vers Kitcisakik et incluait une traversée aérienne de la rivière Louvicourt (portée d’environ 125 m). Au total, près de 2 000 poteaux ont été installés le long de la route 117 et dans la communauté. La conception reposait principalement sur des poteaux de bois de 40 pieds (classe 1), et sur des structures en composite pour les milieux humides et les emplacements d’appareils majeurs. Dès l’avant-projet, la ligne a été dimensionnée pour une exploitation éventuelle à 34,5 kV et une conversion vers des supports à deux ternes.

Accompagner : du travail sur le terrain à la conformité réglementaire

Les équipes ont réalisé des relevés de terrain et le piquetage de plus de 2 000 structures, ont constitué un album photo et ont procédé à la mise à jour du système d’information géographique (SIG). Le projet a intégré plusieurs exigences réglementaires, dont l’implantation à 20 m de la ligne de rive sur certains tronçons (kilomètres 1 à 9) et la prise en considération du remplacement futur de ponceaux le long du corridor. En zones rocheuses, environ 270 poteaux ont nécessité du forage, et des techniques de stabilisation ont été appliquées lorsque les conditions de sol étaient inférieures à la classe C. CIMA+ a également soutenu la préparation de documents et l’obtention des permis pour les avis de travaux, les options d’acquisition de servitudes, et les permissions de voirie, ainsi que la vérification d’assujettissement à la Loi sur les eaux navigables canadiennes (LENC) pour la traverse de la rivière.

Du premier poteau à la mise sous tension : des retombées durables pour les communautés

Amorcé en 2022, le chantier s’est accéléré avec l’installation du premier poteau en novembre 2023. Les travaux se sont poursuivis jusqu’en 2025 et la mise en service du raccordement a été célébrée le 17 décembre 2025. Les coûts de conception et de construction des infrastructures ont été évalués à environ 32 M$, auxquels se sont ajoutés 3,8 M$ pour l’adaptation des résidences. Des partenaires gouvernementaux ont appuyé la mise aux normes des installations électriques des habitations et la conversion des bâtiments communautaires. Le nouveau réseau a réduit les déplacements liés à l’approvisionnement en carburant, diminué le bruit nocturne des génératrices et amélioré le confort au quotidien.